Projets
Résultats des projets menés par le CTIFL et ses équipes

PISTIL- Un accompagnement des producteurs de melon en milieu tropical

Dates du projet
De : Janvier 2023
À : Décembre 2025
Porteur interne du projet
Thématique
Espèces travaillées par le CTIFL

Description du projet

Le projet PISTIL s’inscrit dans le cadre du plan Ecophyto II+, avec pour ambition de contribuer à la réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques en culture de melon, en particulier dans les conditions spécifiques de la Guadeloupe.

Dans ce territoire, la production de melon est confrontée à des contraintes fortes : pression élevée des bioagresseurs, conditions climatiques favorables au développement des maladies, et systèmes de culture encore très dépendants des intrants phytosanitaires. Les niveaux d’Indice de Fréquence de Traitement (IFT) y sont ainsi nettement supérieurs à ceux observés en métropole.

Face à ces enjeux, le projet PISTIL vise à concevoir et évaluer des systèmes de culture innovants, reposant sur des leviers agroécologiques adaptés aux contextes pédoclimatiques locaux. Il s’appuie sur une démarche de co-construction associant producteurs, structures techniques et partenaires de la recherche.

Le CTIFL, fort de son expertise en culture du melon et de ses travaux antérieurs – notamment le projet AGRECOMEL ayant permis des réductions d’IFT allant de -60 % à -100 % en métropole – contribue activement à cette dynamique . Son rôle consiste notamment à transférer des références techniques, à accompagner les acteurs locaux et à structurer la réflexion autour de systèmes de culture plus durables.

Le projet s’appuie sur les principes de la production intégrée, en mobilisant de manière combinée différents leviers : agronomiques (rotations, intercultures), variétaux, biologiques (biocontrôle, auxiliaires), et physiques (protections contre les ravageurs). L’objectif est de réduire en amont les risques sanitaires, afin de limiter le recours aux traitements en cours de culture.

Plus concrètement, PISTIL poursuit plusieurs objectifs opérationnels :

  • identifier et tester des techniques alternatives adaptées à la culture du melon en Guadeloupe ;
  • concevoir des systèmes de culture économes en produits phytopharmaceutiques, viables techniquement et économiquement ;
  • accompagner les producteurs dans l’évolution de leurs pratiques ;
  • produire des références transférables à l’échelle du territoire.

Le projet repose sur une démarche méthodologique structurée, issue notamment du guide de conception de systèmes de culture économes en produits phytopharmaceutiques, qui favorise une approche globale et systémique des exploitations.

Les ateliers de co-conception organisés dans le cadre du projet constituent un temps fort de cette démarche. Ils permettent de croiser les connaissances scientifiques et les savoir-faire des producteurs afin de faire émerger des solutions concrètes, adaptées aux réalités du terrain. Ces échanges s’appuient également sur les résultats d’expérimentations menées antérieurement, notamment sur les leviers agroécologiques mobilisables en culture de melon.

À terme, PISTIL ambitionne de contribuer à la transition agroécologique de la filière melon en Guadeloupe, en proposant des systèmes de production plus résilients, performants et respectueux de l’environnement.

 


Résultats

Les travaux engagés dans le cadre du projet PISTIL ont permis de dresser un premier état des lieux des systèmes de culture du melon en Guadeloupe et d’identifier plusieurs leviers agroécologiques prometteurs pour réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques. Les échanges avec les producteurs et partenaires techniques, notamment lors des ateliers de co-conception, ont permis de faire émerger plusieurs pistes d’amélioration structurantes :-  Renforcement des leviers agronomiques : la mise en place de rotations culturales et d’intercultures apparaît comme un levier prioritaire pour limiter l’accumulation de pathogènes telluriques et améliorer la santé des sols. L’intérêt des engrais verts et des couverts végétaux a été confirmé, bien que leur adaptation aux conditions locales reste à approfondir.

- Amélioration de la qualité des plants : des marges de progrès importantes ont été identifiées au niveau de la production de plants, notamment via l’optimisation des substrats et le développement du greffage, permettant d’augmenter la vigueur et la tolérance aux maladies du sol. 

Protection  précoce des cultures : l’utilisation de protections physiques (voiles, filets) constitue un levier efficace pour limiter les attaques précoces de ravageurs et la transmission de virus, avec un potentiel de réduction significative des traitements insecticides.

Mobilisation raisonnée du biocontrôle : si des produits de biocontrôle sont déjà utilisés, leur efficacité reste variable. Le projet a permis de capitaliser des références issues de travaux menés en métropole, mais souligne la nécessité de valider ces solutions dans les conditions spécifiques de la Guadeloupe.


Approche systémique des pratiques : les travaux ont mis en évidence l’importance de combiner plusieurs leviers (agronomiques, biologiques, physiques) au sein de systèmes cohérents, plutôt que de raisonner les solutions de manière isolée.

En parallèle, le projet a permis de structurer une dynamique collective entre acteurs de la filière, autour d’une démarche de co-construction de systèmes de culture innovants. Cette approche favorise l’appropriation des solutions par les producteurs et leur adaptation aux contraintes locales.

Ces premiers résultats constituent une base solide pour la mise en place d’essais systèmes en conditions réelles, visant à évaluer la performance technique, économique et environnementale des systèmes conçus dans le cadre du projet.