Organisée sur l’antenne CTIFL de Brindas, cette visite d'essais a réuni producteurs, techniciens, conseillers et partenaires autour des travaux conduits dans le cadre de plusieurs projets de recherche appliquée.
Les échanges ont notamment porté sur le projet SMACC-2, porté par la FRAB (co-financement de la Banque des territoires), qui accompagne l’adaptation des systèmes maraîchers face aux aléas climatiques. En Auvergne-Rhône-Alpes, les évolutions observées depuis 2015 se traduisent notamment par une hausse moyenne de +2,3 °C, avec des écarts allant de +1,8 °C à +2,8 °C selon les territoires. Ce sont la répétition des aléas climatiques depuis 5 ans (grêle, le gel, la sécheresse) qui ont déclenchés une dynamique collective afin d'éviter la mise en péril des fermes d'Auvergne.
Optimiser l'utilisation de l'eau et la capter sous abri
Les participants ont découvert les premiers résultats du projet Equation Système, conduit de 2024 à 2027, qui vise à optimiser l'utilisation de l'eau et à renforcer l'autonomie hydrique des tunnels maraîchers. En 2025, le dispositif a permis de modéliser la consommation en eau des différentes cultures (concombre, salade en 2025) en rotation dans le système et le potentiel de captation de l'eau qui tombe sur le tunnel pour en définir une autonomie en eau sur un système donné. Des leviers ont été testé (le paillage et le mode d'irrigation) pour optimiser l'utilisation de l'eau et piloter les apports au bon moment.
Préserver les rendements tout en réduisant l'irrigation
La visite a également permis de présenter les travaux du projet SOL'EAU (co-financé par la Région Pays de la Loire), consacré à l'amélioration de la rétention en eau des sols.
Au total, 32 modalités sont évaluées, combinant travail du sol, paillages, amendements organiques et restriction hydrique. Les premiers résultats montrent que 8 modalités en tomate et 8 modalités en laitue permettent de maintenir les rendements tout en réduisant l'irrigation par l'ajout de paille, BRF, compost, lombricompost et biochar.
Le projet MARMITE (co-financé par la Banque des territoires) appuie les résultats de recherche appliquée par la compréhension des sols selon les apports de matière organique et leur service pour expliquer l'impact en autre sur la rétention de l'eau du sol.
L'ombrage comme levier d'adaptation
Autre temps fort de la journée : la présentation du projet RES'EAU, dédié à l'évaluation des filets d'ombrage en maraîchage, en plein champ et sous abris.
En plein champ, les essais montrent que le filet d’ombrage à 45 % permet de réduire les pics de chaleur de 3,3 °C en moyenne, contre 2,2 °C pour le filet à 25 %. Sur salade, le filet à 45 % a également permis d'obtenir un gain moyen d'environ 100 g par salade par rapport au témoin non ombré.
Des références utiles pour les professionnels
À travers ces différents essais, cette journée a permis de mettre en lumière des leviers techniques concrets pour accompagner les exploitations maraîchères face aux effets du changement climatique : récupération d'eau, pilotage de l'irrigation, amélioration de la rétention en eau des sols, choix des paillages et recours à l'ombrage.
Les échanges sur le terrain ont confirmé l'intérêt de produire des références locales, chiffrées et directement mobilisables par les professionnels de la filière.