Mieux comprendre les attentes pour accompagner le marché de l'abricot
Deuxième fruit à noyau de l'été après la pêche-nectarine, l'abricot occupe une place spécifique dans le rayon fruits d'été. Apprécié des consommateurs, il reste néanmoins soumis à des contraintes fortes : une campagne de commercialisation courte, une offre sensible aux aléas climatiques, une demande météo-sensible et des attentes marquées en matière de qualité et de maturité.
Pour éclairer ces enjeux, le CTIFL publie la note de synthèse : Préférences et attentes des consommateurs : quels leviers pour dynamiser le marché de l’abricot ?. Cette publication rassemble les enseignements de plusieurs travaux récents menés sur le marché de l'abricot, les comportements d'achat, les perceptions consommateurs et les leviers de consommation. L'objectif est de fournir aux professionnels des éléments d'analyse pour nourrir les réflexions techniques et commerciales.
Une campagne courte, des équilibres à construire rapidement
Le marché de l’abricot se caractérise par une forte saisonnalité. Selon la note, 70 % des achats annuels en quantité sont réalisés sur deux mois, juin et juillet. L’équilibre entre offre disponible, dynamique de la demande, qualité des fruits et visibilité en rayon se joue donc sur une période particulièrement resserrée.
Cette saisonnalité implique une coordination fine entre les différents maillons de la filière : production, récolte, conditionnement, mise en marché, distribution et accompagnement technique. Elle interroge également les moyens de maintenir une présence suffisante et lisible de l’abricot tout au long de la campagne.
Prix, météo, maturité : des déterminants structurants de la demande
La note met en évidence plusieurs facteurs qui influencent les achats d'abricots. Les travaux récents du CTIFL montrent notamment une forte sensibilité de la demande aux variations de prix et de météo. L'abricot présente une météo-sensibilité élevée et une élasticité prix marquée, ce qui confirme l'importance du contexte de campagne dans les comportements d'achat.
Ces résultats constituent des repères utiles pour analyser la demande selon les périodes de commercialisation. Ils permettent notamment d'alimenter les réflexions sur l'adaptation des actions en début, en cœur et en fin de campagne.
La qualité perçue reste également un enjeu central. La note rappelle que les consommateurs associent fortement l'acte d’achat à l'aspect et à la couleur du fruit. Pourtant, ces critères ne garantissent pas toujours la qualité gustative attendue. Le réachat dépend, lui, directement de l'expérience de consommation : maturité, texture, sucrosité, arômes et absence de défauts comme la farinosité.
Des pistes de réflexion de l’amont à l’aval
La publication identifie plusieurs pistes de travail pour la filière. La première concerne la recherche d'une qualité plus homogène et régulière, en lien avec le matériel végétal, la conduite culturale, le stade de maturité à la récolte et l'itinéraire post-récolte.
La gestion de la maturité constitue également un levier important. Elle implique l'ensemble des acteurs, depuis le verger jusqu'au point de vente, afin de mieux concilier qualité organoleptique, contraintes de transport, conditionnement et mise en rayon.
Autre piste mise en avant : proposer aux consommateurs des repères complémentaires à la couleur. Origine, conditionnement, label ou segmentation peuvent contribuer à mieux orienter le choix en rayon, à condition d'être lisibles et cohérents avec la promesse de qualité.
Enfin, la note souligne l'intérêt de renforcer la présence et la visibilité de l'abricot en rayon pendant la pleine saison. Les travaux cités montrent qu'un grand linéaire d'abricots peut contribuer à augmenter le taux d'acheteurs et les quantités achetées.
Une synthèse au service des professionnels de la filière
En croisant données de marché, études consommateurs et leviers opérationnels, le CTIFL apporte une lecture structurée des enjeux de consommation de l'abricot. Cette publication s'inscrit dans sa mission de transfert entre recherche appliquée, expertise économique et besoins des professionnels.