Une rencontre consacrée aux enjeux de la filière
Producteurs, techniciens et partenaires de la filière se sont réunis au Centre CTIFL de Balandran pour faire le point sur les travaux conduits en pêche et nectarine. Le programme associait présentations en salle et visite de terrain, avec un objectif : apporter des références techniques utiles aux professionnels.
La rencontre a notamment abordé le bilan de la saison 2026, les résultats d’évaluation de nouvelles variétés, les stratégies de désherbage en jeunes vergers, l’application post-récolte d’ozone gazeux et les modes de conduite innovants.
Une saison 2026 marquée par la chaleur et une consommation soutenue
Le bilan de campagne a mis en avant une saison marquée par 2 épisodes caniculaires, du 19 juin au 4 juillet, puis du 8 au 18 août. La production française de pêches et nectarines est estimée à près de 160 000 tonnes, soit +7 % par rapport à l’année précédente.
Dans ce contexte, la consommation a été dynamique, avec un niveau de ventes en grande distribution en hausse de 12 % par rapport à 2025. Les stocks sont restés globalement maîtrisés, malgré une fin de saison plus tendue depuis 2 ans avec 6 048 tonnes étaient recensées au 28 août 2026 et 7 294 tonnes au 20 août 2025.
Désherbage : des stratégies comparées depuis 2021
Les travaux présentés sur les alternatives au désherbage chimique s’appuient sur un essai mis en place en 2021 sur deux espèces modèles en fruits à noyau : pêche-nectarine et cerise. Sur pêche-nectarine, le dispositif repose sur une plantation de la variété CRISTAL ® Monries cov conduite en gobelet double Y (476 arbres/ha). 6 modalités sont comparées.
Les résultats montrent que les modalités avec travail du sol présentent les hauteurs d’enherbement les plus basses. Les observations sur le sol indiquent également que la bâche tissée est associée à la porosité la plus faible, tandis que les modalités avec travail du sol présentent les niveaux de porosité les plus élevés.
Sur le rendement, la modalité mixte, combinant désherbage chimique sans glyphosate et travail du sol, ressort avec le rendement brut et commercialisable cumulé le plus élevé. En 2026, elle atteint 41,9 t/ha en rendement brut et 33,0 t/ha en rendement commercialisable, contre 31,6 t/ha brut et 23,3 t/ha commercialisable pour la modalité chimique avec glyphosate en largeur réduite.
Évaluation variétale : suivre la dynamique des nouvelles obtentions
La création variétale en pêche-nectarine reste active, avec l’introduction régulière de nouvelles variétés. Les évaluations conduites au Centre CTIFL de Balandran visent à caractériser leur comportement agronomique, leur présentation, leur qualité gustative et leur adaptation aux attentes du marché.
Les données 2026 confirment un contexte climatique exigeant : au 31 mars 2026, le cumul d’heures de froid inférieur à 7,2 °C atteint 1 088 heures, contre 1 225 heures en 2025. Entre le 1er janvier et le 31 août, la température moyenne s’établit à 17,7 °C, avec une température maximale de 40,2 °C et une pluviométrie de 422 mm.
Les présentations ont permis de parcourir différents créneaux de maturité, des variétés très précoces aux variétés très tardives, en nectarines comme en pêches. Plusieurs critères sont pris en considération : potentiel de rendement, calibre, qualité gustative, comportement de l’arbre, sensibilité aux bioagresseurs et régularité de production.
Ozone en post-récolte : des résultats à préciser
Un point spécifique a été consacré à l’application d’ozone gazeux en post-récolte. L’essai 2025 a comparé 4 modalités : ozone en continu à 0,3 ppm, ozone en continu à 0,8 ppm, ozone discontinu à 0,8 ppm pendant 10 h par jour, et témoin non traité. Le traitement a été appliqué pendant 1 semaine à 2 °C ± 1 °C.
Dans les conditions de cet essai, aucune efficacité significative de l’ozone n’a été observée sur le développement des pourritures, ni sur pêche (PAJALADE cov), ni sur nectarine (KINOLEA cov), après 0 à 7 jours à 20 °C.
Les observations ont également mis en évidence une phytotoxicité sur les modalités avec ozone, plus marquée à 0,8 ppm. Sur la variété de pêche PAJALADE cov, elle atteint près de 54 % des fruits après 2 jours à 20 °C pour la modalité à 0,8 ppm en continu ; sur la variété de nectarine KINOLEA cov, elle atteint 100 % dans cette même modalité.
Une visite de terrain pour prolonger les échanges
L’après-midi s’est poursuivie par une visite d’essai consacrée aux modes de conduite, avec un focus sur des formes plates. Cet essai vise à étudier leur intérêt pour réduire les coûts de production tout en maintenant les performances du verger.
Cette Rencontre Technique Pêche et Nectarine a ainsi permis de croiser résultats d’essais, observations de campagne et retours de terrain. Avec 60 participants, elle a offert un temps d’échange privilégié autour de questions concrètes pour la filière : performance des vergers, choix variétal, gestion de l’enherbement, qualité des fruits et conservation post-récolte.