Contexte
Malgré un contexte économique qui tend à freiner son essor, la filière agriculture biologique s'est considérablement développée ces dernières années, portée par l'intérêt des consommateurs pour leur santé et l'environnement. La pomme ne déroge pas à la règle puisqu'elle se hisse au deuxième rang des fruits bio les plus consommés [1]. Ce contexte économique et sociétal incite les arboriculteurs à s'engager dans cette voie. Cette évolution doit nécessairement être accompagnée d'avancées techniques et de concrétisations réglementaires afin d'offrir des solutions efficaces pour les producteurs, notamment en termes de protection des cultures. Les arboriculteurs bio sont en effet toujours confrontés à d'importantes difficultés concernant la lutte contre les bioagresseurs. Les vergers biologiques font face à la résurgence de ravageurs dits secondaires, qui peuvent engendrer localement des dégâts considérables, parfois supérieurs aux dégâts de ravageurs majeurs et pour lesquels davantage de solutions sont disponibles. Le manque de solutions contre ces bioagresseurs secondaires est un verrou technique majeur.
L'augmentation de l'utilisation des produits spécifiques et le retrait de ceux à large spectre font que l'hoplocampe du pommier, Hoplocampa testudinea, est devenu un ravageur secondaire émergent et particulièrement préjudiciable en agriculture biologique [2]. En France, il n'est pas systématiquement présent dans les vergers mais il est retrouvé dans l'ensemble des bassins de production. En cas de forte pression, il peut endommager jusqu'à 90 % des fruits [3].