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De la contrainte économique à l’innovation culturale
En 2015, la France produit environ 127 000 tonnes de concombre sur 566 hectares, dont près des 3/4 sous serres chauffées. Malgré cette production, le pays demeure déficitaire, notamment en période hivernale où les importations, principalement en provenance d’Espagne, dominent le marché. Dans le même temps, la consommation progresse et les attentes des consommateurs évoluent vers des produits d’origine française, disponibles toute l’année et produits de manière plus efficiente.
Face à ces enjeux, les représentants professionnels sollicitent de nouvelles références technico-économiques pour sécuriser la culture sous serre chauffée. Le CTIFL s’associe alors au CDDM et à INRAE dans le cadre de projets soutenus par la Région Pays de la Loire. L’objectif est clair : améliorer la productivité et l’efficience énergétique et hydrique de la culture de concombre.
Ce chemin d’impact retrace la manière dont les travaux d’expérimentation ont produit des connaissances opérationnelles, diffusées auprès des producteurs, puis progressivement adoptées à l’échelle régionale et nationale.
Repères clés d’une mobilisation sur le temps long
Les premiers essais du projet CONSER (2014–2016) visent à optimiser la gestion climatique en s’appuyant sur des paramètres physiologiques de la plante. À partir de 2015, la conduite en palissage sur fil haut est testée sous serre chauffée. Les résultats montrent une augmentation significative du nombre de concombres récoltés par mètre carré et du rendement, avec jusqu’à 215 pièces/m² en deux cultures annuelles contre 130 pièces/m² en conduite classique. La diminution des déchets est également marquée.
Toutefois, ces performances s’accompagnent d’un besoin accru en main-d’œuvre, qui devient le principal poste de charges. Ce constat conduit au lancement du projet CONSERFILO (2018–2021), visant à améliorer la rentabilité du système par l’intégration de technologies innovantes, notamment l’éclairage LED et des modèles de pilotage climatique.
Les essais démontrent qu’un éclairage adapté permet une entrée en production plus précoce et une augmentation significative des rendements hivernaux. Les plantations avancées, combinées à l’éclairage, améliorent la valorisation économique de la production et rendent le système plus compétitif malgré un contexte énergétique instable.