État des lieux des dépérissements de fraisiers observés en 2025

Le neopestalotiopsis : un pathogène en émergent

État des lieux des dépérissements de fraisiers observés en 2025
Sommaire A A
logo de LinkedIn logo de Twitter logo de Facebook

Le développement de la fraise en culture sur substrat s'explique en partie par la nécessité de limiter les problèmes de dépérissement fréquemment rencontrés en sol. Toutefois, depuis 2024, une augmentation significative de cas est observée, tant dans les deux systèmes de production. Ces pertes sont associées à l'émergence d'un nouveau pathogène, le champignon du genre Neopestalotiopsis.

Publié le 01/03/2026

Temps de lecture estimé : 8 minutes

Contexte de la saison 2025

À l'échelle nationale, la fraise représente une surface de 3 700 ha (Agreste, 2024), dont un tiers est cultivé en hors-sol. Les deux principaux bassins de production sont le Sud-Ouest avec 1 214 ha et le Sud-Est avec 1 160 ha. Pour l'essentiel des volumes produits, le calendrier de production s'étale de début mars à début juillet. Depuis la saison 2024, des dépérissements anormaux ont été constatés en période de production. Les analyses d'identification ont mis en évidence la présence croissante du champignon Neopestalotiopsis sp. dans ces échantillons. Alors qu'il était présent dans 40 % des 17 échantillons envoyés en 2024, ce champignon apparaît cette saison comme étant associé à 75 % des dépérissements constatés sur le terrain. En effet, au 11 juin 2025, environ 60 échantillons se trouvaient dans cette situation, aussi bien en cultures hors-sol qu'en sol. Le reste des dépérissements est attribué à du Phytophthora sp.

Quelques éléments sur ce pathogène émergent

Le neopestalotiopsis a été identifié pour la première fois en fraise en 1968. Face à l'émergence des dépérissements causés par Pestalotiopsis sp. (ou Neopestalotiopsis sp.) sur fraisier, la communauté scientifique s'est fortement mobilisée au cours des dix dernières années. Ainsi, il est décrit dans de nombreux pays (2018 Italie, 2014 Maroc et Égypte, 2015 Belgique, 2013 Argentine et Espagne) avec en moyenne jusqu'à 30 % de perte de plants. La taxonomie de cet agent pathogène est déroutante car il a fait l'objet de plusieurs reclassifications au fil des ans. Des chercheurs en Floride et en Israël (Howard et Albregts, 1973 ; Keneth et al., 1968) l'ont signalé pour la première fois sur le fraisier sous le nom de Pestalotia longisetula. D'après le type de spores et d'autres caractéristiques morphologiques, l'agent pathogène a par la suite été reclassé sous le nom de Pestalotiopsis longisetula (Steyaert, 1955). Plus récemment, des isolats de fraises ont été identifiés comme des isolats de Neopestalotiopsis spp. dans des rapports décrivant un agent pathogène des racines et des collets des fraisiers (Chamorro et al., 2016 ; Obregón et al., 2018). D'après les travaux les plus récents, les isolats précédemment rapportés sous le nom de Pestalotiopsis longisetula correspondent en réalité à Neopestalotiopsis rosae (Baggio et al., 2020). Enfin, Colletotrichum sp. et Phytophthora sp. causent des symptômes comparables. Les feuilles les plus anciennes sont de couleur bordeaux, et les feuilles les plus jeunes deviennent ponctuées comme pour une phytotoxicité (Figure 1).

Ce contenu est réservé aux titulaires d'un compte, connectez-vous pour pouvoir profiter de l'article.