Évaluation de méthodes de lutte alternatives contre le psylle du poirier

Bilan de huit années d'essais de lutte intégrée

Évaluation de méthodes de lutte alternatives contre le psylle du poirier
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Le psylle du poirier, Cacopsylla pyri, est un des principaux ravageurs de la culture du poirier. Cet insecte piqueur-suceur engendre l'apparition de fumagine sur fruits. Il peut être à l'origine du dépérissement du poirier. Face au retrait de nombreuses matières actives, le CTIFL de La Morinière conduit des essais pour évaluer des leviers de lutte mobilisables à différents stades de la saison.

Publié le 01/05/2026

Temps de lecture estimé : 15 minutes

Le psylle du poirier : un ravageur majeur en fruits à pépins

En France, la poire est le troisième fruit frais le plus produit en volume, derrière la pomme et la pêche-nectarine. Bien que le marché soit en baisse, deux tiers des ménages déclarent acheter de la poire au moins une fois dans l'année. L'offre française reste toujours inférieure à la demande. En effet, 121 000 tonnes de poire de table sont produites en moyenne sur la période 2020-2022. Le marché représente 169 000 tonnes cette même période [1]. Du côté des producteurs, les surfaces de verger connaissent une augmentation depuis quelques années avec 6 221 ha enregistrés en 2024. Ce regain peut s'expliquer par le développement de nouvelles variétés et la création de variétés « club ». Une meilleure valorisation économique entre également en ligne de compte. Ces paramètres incitent les producteurs à replanter des poiriers. La culture bénéficie aussi d'une volonté des producteurs de pomme de se diversifier, dans un cadre commercial de plus en plus concurrentiel.

Dans ce contexte, les acteurs de la filière jugent nécessaire de sécuriser la production de poires de table, en particulier face à son principal ravageur, le psylle du poirier (Cacopsylla pyri). Cet insecte piqueur-suceur a un impact significatif sur l'industrie de la poire. Il peut être à l'origine d'une perte totale de récolte dans les cas de pressions les plus extrêmes. En effet, le psylle est à l'origine de trois types de dommages : les dégâts de fumagine sur fruits, le choc du psylle, et le dépérissement du poirier. Les larves produisent du miellat, qui favorise le développement de la fumagine. Cette maladie fongique réduit la photosynthèse et dégrade l'aspect des fruits. Puis, elle provoque l'apparition de taches et de traînées noirâtres sur l'épiderme (Figure 1). Le choc du psylle résulte d'une toxine injectée par les larves lors de l'alimentation. Cette toxine provoque la chute prématurée des feuilles et des fruits, et affecte la santé de l'arbre sur plusieurs années. Le psylle peut aussi transmettre le phytoplasme responsable du dépérissement du poirier. Dans ce cas, la maladie provoque la nécrose des tubes criblés et le dépérissement des arbres [2].

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