Les producteurs de pêche-nectarine doivent répondre aux attentes sociétales en matière de respect de l'environnement et maintenir une production de bonne qualité sanitaire, gustative et visuelle, pour un coût maîtrisé.
Les contraintes techniques sont importantes : il n'existe aucune variété de pêcher tolérante aux principales maladies et ravageurs et les solutions de protection diminuent avec la réduction du nombre de substances actives autorisées.
En mode de production conventionnel, les indices de fréquence de traitement (IFT) se situent généralement entre 15 et 35 (IFT total de 21,4 ; 70ième percentile) mais avec une forte variabilité selon les années climatiques, les régions et les groupes variétaux.
Dans ce contexte, le projet EcoPêche 2 (2019-2023), inscrit dans le plan DEPHY EXPE Ecophyto II+, vise à concevoir et évaluer des systèmes de conduite très économes en produits phytopharmaceutiques de synthèse, tout en garantissant la qualité des fruits récoltés.
L’objectif est de tester la robustesse des systèmes de conduite mis en place sur une durée suffisante par rapport à la vie d’un verger en évaluant les performances sur au moins 6 à 8 ans de pleine production. Ce pas de temps long permettra d'intégrer la variabilité du climat et des pressions biotiques, mais aussi les effets cumulatifs spécifiques aux plantes pérennes (pertes progressives de vigueur, dégradation de l’état sanitaire, augmentation des populations d’auxiliaires avec la baisse de pression des PPP et les aménagements agroécologiques, etc.).
Les partenaires du projet souhaitent également explorer de nouvelles pistes à savoir :
- Produire des fruits en ayant pour objectif " 0 résidu de pesticides" afin de proposer aux consommateurs des fruits d'une qualité sanitaire irréprochable.
- Réduire fortement l'impact possible des produits phytosanitaires sur la santé et l'environnement en utilisant les pesticides en dernier recours.
- Conforter l'expérience acquise sur la non utilisation du désherbage chimique.
- Faire évoluer, sur certains systèmes, les règles de décision pour tester la faisabilité d’un « quasi » non recours aux produits phytopharmaceutiques de synthèse : l’objectif sera d’évaluer la faisabilité de systèmes se situant à -75 % d’IFT hors produits de biocontrôle.
- Introduire de nouveaux leviers d’action qui viendront renforcer la combinaison des leviers déjà mobilisés dans le projet : plantes de service avec rôle attractif, répulsif ou de relais, optimisation de la pulvérisation en lien avec les formes fruitières adaptées, intégration des possibilités de traitement physique post-récolte comme l’eau chaude, les produits de biocontrôle, les UV…